Renault: la charge de travail, une souffrance extrême

Renault: la charge de travail, une souffrance extrême

article publié dans le Parisien le 25 juillet 2017 et qui s’intitule « Renault confronté à une vague de suicides ? »

Selon un calcul des syndicats sur 4 des 11 sites Français où Renault est implanté, au moins 10 suicides et 6 tentatives seraient à déplorer depuis 2013. Renault conteste les chiffres.

Les syndicats insistent sur le fait que ces suicides sont dus aux conditions de travail des salariés dans un contexte de production intensive. Ils dénoncent l’accord signé en 2013 sur la compétitivité qui a poussé de nombreux salariés vers la sortie et par conséquent accentué la charge de travail. Chiffre à l’appui les syndicats évalue à 8000 le nombre de postes supprimés sur les 34000 déclare le délégué CGT du site de Cléon (où 10 suicides ou tentatives ont été recensées).

Des cadences infernales pour les salariés

Sur le site de Cléon, un employé de 35 ans père de 2 enfants s’est suicidé laissant dans sa lettre d’adieux la phrase choc « tu expliqueras ça à mes filles Carlos » (Carlos Ghosn, PDG de Renault).

Sur le site de Sandouville, c’est un père de famille d’une quarantaine d’année qui a tenté de mettre  fin à ses jours avec une pancarte autour de son cou indiquant le nom de ses chefs d’ateliers et la mention « ils m’ont tué »

Les syndicats mettent sur le banc des accusés Renault soulignant les cadences infernales sur les chaines de production. Ils mettent également en avant le fait que des suicides de cadres étaient déjà apparu en 2007 mais que les ouvriers sont comme souvent laissés de côté.

Des cas de burnouts en pagaille

Au Technocentre de Guyancourt qui compte 9600 salariés, 136 cas de burnouts ont été diagnostiqués en 2016. Un ingénieur est même mort suite à un malaise lors de son entretien disciplinaire.

Des alertes psychosociales sont également à déplorer sur le site de Maubeuge (qui ne compte pour l’instant aucun suicide), où les diagnostics de burnout se multiplient  en raison de cette course effrénée à la compétitivité.

« Des cas isolés et individuels », la réponse de Renault

Renault a donc décidé de répondre à l’article du parisien contestant les dégradations des conditions de travail. « Nous contestons le fait d’agréger des cas individuels » explique le constructeur soulignant le fait que chaque cas est unique, différent et relevant souvent d’un histoire personnelle ». Pour argumenter le groupe met en avant le redémarrage du dialogue sociale dans le cadre de l’accord « CAP 2020″ qui s’est matérialisé par la mise en place de commissions dont le but est d’échanger sur les problèmes internes et notamment ceux liés à la Qualité de Vie au Travail »

Renault s’interroge également sur le recours systématisé à l’interim sur les chaines de production (45% des effectifs industriels) que les syndicats relient aux vagues de suicides. Le Groupe a pour objectif de diviser par deux le nombre d’intérimaires sur les chaines de production d’ici à 2020 grâce à des embauches et les gains de productivité.

 

 

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