Baromètre des Enjeux RSE 2016 : quoi de neuf docteur?

À l’occasion du salon Produrable, qui s’est tenu fin mars à Paris, le baromètre des Enjeux RSE 2016  a été publié. Cette quatrième édition, réalisée conjointement par le groupe de protection sociale Malakoff Médéric et l’Observatoire de la Responsabilité Sociale des entreprises (ORSE), repose sur une synthèse d’enquête auto-administrée menée auprès de milliers d’entreprises et d’organisations en France, ainsi que sur l’analyse de 209 réponses qualifiées de professionnels de la RSE (Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises). Alors que nous apprend-il ce baromètre Enjeux 2016 ? Quelles sont les nouvelles directions en matière de RSE ?

Tout d’abord, ce baromètre des Enjeux RSE 2016 nous apprend que, même si les équipes RSE sont souvent rattachées à la présidence/direction générale (38 %), on observe que la RSE s’installe partout : dans le service RH, dans le service comm’, dans le service service business unit…. Ce qui est logique, car la RSE n’est pas qu’une simple stratégie de comm’. Quand on l’adopte, on adopte une politique, une stratégie globale qui s’opérationnalise à chaque service d’une organisation ou d’une entreprise. On constate ainsi que la RSE est de plus en plus intégrée à la chaîne de valeur et aux opérations d’une entreprise. Aussi, on observe une légère hausse des effectifs RSE dans les entreprises.

Mais pour ces organisations, la RSE sert d’abord à quoi ? Quelles sont leurs principales motivations ?

Toujours cette même commune réponse en tête, pour les professionnels de la RSE, ce concept sert avant tout à communiquer une image positive. Cependant, même si la RSE est principalement liée à la communication, on aurait tort de ne la cantonner qu’à la belle image. D’ailleurs, les entreprises avec moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires se focalisent davantage sur les enjeux sociaux. La RSE sert ainsi à préserver l’environnement, améliorer la performance, ou encore, se conformer à la réglementation.

Quelles sont les priorités des entreprises et des organisations dans les 12 prochains mois en matière de RSE?

Pour les grandes entreprises : innovation, communication interne et efficacité énergétique sont les maîtres mots. Pour les entreprises moyennes (CA inférieur ou égal à 10 millions d’euros), la priorité est de se différencier sur le marché et d’améliorer la qualité de vie au travail. Ces réponses sont révélatrices de cette tendance à vouloir conjuguer les enjeux RSE avec l’univers concurrentiel et économique.

Mais concernant la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail, seulement 41 % des entreprises et des organisations interrogées témoignent que ces enjeux font partie intégrante de leur politique de RSE. Même si ce chiffre tend à s’améliorer, on peut quand même se demander si se déclarer engagé dans une politique de RSE en omettant la moitié de la définition à un sens ? Mais peut-être que le problème vient de la définition en elle-même? En effet, il persiste un manque de consensus dans la définition de ce concept, manque de consensus qui amène beaucoup d’entreprises ou d’organisations  à se réclamer inscrites dans une telle démarche. Or  un parent qui oublie de sécuriser l’environnement de ses jeunes enfants en laissant, par exemple, des produits ménagers très accessibles, mais qui fait attention à ce qu’ils mangent en n’achetant que des produits bio,peut-il être qualifié de responsable?

Et pourtant, 43 % des entreprises qui, dans leur démarche de RSE, ont inclus la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail, observent des améliorations sociales et financières. Les autres entreprises ayant intégré ces dimensions ne savent pas s’il y a des effets (36%) ou n’en constatent pas (21%).

Enfin, pour les organisations et les entreprises qui se préoccupent des risques psychosociaux, du bien-être des salariés, de la sécurité au travail ou encore de la qualité de l’environnement de travail, les diagnostics reposent, avant tout, sur les accidents de travail, le baromètre social et sur l’absentéisme. On peut se demander alors si l’essentiel est pris en compte ou si on n’omet  pas beaucoup d’autres variables permettant de refléter au mieux la réalité du terrain voire de la prévoir ? Aussi, pourquoi les entreprises et les organisations n’utilisent-elles pas davantage des indicateurs comme l’IBET (l’Indice du Bien-Être au Travail) qui, contrairement à ces mesures d’un jour, est une mesure effective et prédictive de la performance socio-organisationnelle tenant compte, entre autres, de la spécificité de chaque entreprise.

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