Drogues et alcool au travail: quand les patrons s’inquiètent!

A l’occasion de la Journée nationale de prévention des conduites addictives en milieux professionnels qui a eu lieu le jeudi 22 octobre 2015,un sondage  BVA a été commandé par la MILDECA (la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives). Cette étude a été réalisée par téléphone, comme nous l’indique le Dauphine.com dans son article intitulé “les salariés consomment de plus en plus de cannabis” d’Elodie Becu, et ce, auprès de dirigeants et de représentants du personnel. Ce qui en ressort, c’est que 85% des patrons se déclarent « préoccupés » face à la consommation des produits psychoactifs par les salariés sur leur lieu de travail.

L’alcool arrive en tête des préoccupations, puisque les dirigeants estiment que c’est le produit qui a le plus de répercussion sur l’activité salariale (manque d’efficacité, absentéisme, retards à répétition, atteinte de l’image de l’entreprise…). Mais les autres drogues comme le cannabis, la cocaïne et les médicaments en tout genre, pour être plus performant et supporter les contraintes du monde du travail, ne manquent pas à l’appel des préoccupations.

Et dans la réalité? Dans les faits, c’est l’addiction au tabac qui arrive en tête chez les travailleurs, mais elle est tellement commune que l’on oublie que le tabac est une substance psychoactive, et pourtant! Après, c’est effectivement l’alcool qui est bien ancré dans notre culture. Et enfin, n’oublions pas la consommation de cannabis, certes marginale, mais néanmoins, en augmentation chez les salariés. En effet, on est passée de 6.8% en 2010 à 9% en 2014, une hausse qui s’explique par une hausse de la consommation en générale, mais aussi par cette pression croissante que génère le monde du travail.

Et quelles sont les populations les plus à risque ? Trois secteurs arrivent en tête: le bâtiment, le monde du spectacle et l’hôtellerie-restauration. De plus, il y a là aussi des inégalités homme-femme, puisque, chez les hommes, ce sont les catégories professionnelles peu qualifiés qui sont le plus touchés, alors que pour les femmes, ce sont essentiellement les cadres qui sont concernés. Décidément, même dans la déchéance, on n’est pas égaux! Peut être parce que même si un courant essaye de tendre vers l’égalité homme-femme, notre société, et le monde du travail en particulier, a toujours des attentes bien distinctes envers les hommes et les femmes.

Alors, que font concrètement les entreprises pour remédier à ce problème, puisque cela à l’air de les préoccuper grandement. Actuellement, la principale réponse du monde du travail est la sanction. A partir de là, on peut se poser la question: préoccupation ou embarras? En tout cas, le gouvernement est apparemment motivé pour apporter une autre réponse, et ce, en incitant les médecins du travail a renforcer la prévention et à être former davantage au repérage précoce des addictions. Et par rapport au monde de l’entreprise, le projet est de donner un autre regard sur ces comportements.

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