Droit à la déconnexion: sur quel pied danser ?

pas de pause pour les cadres chinois

article publié sur le site des Echos, le 07 janvier 2017 par Hélène Gully et qui s’intitule :”Le droit à la déconnexion en 3 questions”

Droit à la déconnexion, sur quel pied danser ?

Il est entré en vigueur comme nous qui sommes entrés dans l’année 2017, le projet de loi pour le droit à la déconnexion est maintenant appliquable dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Un droit à la déconnexion, mais pourquoi ?

Le nombre de bun-out a explosé ces dernières années et il existe un lien évident entre l’ “hyperconnexion et le risque de burnout” :

  • la difficile gestion des mails: vu le nombre de mails recus chaque jour en entreprise, le salarié peut rapidement se sentir incapable de gérer le flot d’information, et se retrouve donc en surcharge de travail et ainsi conduire à l’épuisement professionnel (burn-out)
  • la sur-utilisation des outils numériques entraine une culture de l’urgence et de l’instantanéité : en gros chaque mail reçu mérite un réponse et le besoin de tout consulter pour le salarié s’apparente à la peur de rater une information importante
  • de plus, la quantité de mails reçus chaque jour peut également être perçu par le salarié comme une forme de harcèlement moral

Par ailleurs, la jurisprudence sanctionne déjà l’intrusion de l’employeur dans la sphère privée du salarié. En effet, l’arrêt du 17 février 2004 stipule que “le fait de n’avoir pu être joint en dehors de ses horaires de travail sur son téléphone portable personnel est dépourvu de caractère fautif et ne permet donc pas de justifier un licenciement disciplinaire pour faute grave.

Un droit à la déconnexion, mais à quoi ça sert ?

En septembre 2016, une étude a été menée soulignant le fait que 62% des salariés réclamaient une régulation des outils numériques; de plus on s’est aperçu que qu’un employé passait plus de 30% de son temps de travail à lire ses e-mails (c’est donc 30% de temps de travail perdu). Une autre observation, pendant les réunions, combien de collaborateurs sont scotchés à leur smartphone ? alors que l’on sait qu’un salarié qui n’est pas interrompu dans son travail est beaucoup plus efficace et performant.

l’objectif est également de réaliser des bilans volumétriques pour identifier les services/départements les plus touchés par l’hyperconnexion afin de savoir si le problème est dû à un mauvais management ou à un problème de sous-effectifs

Le droit à la déconnexion sera-t-il efficace ?

Pour l’instant, le texte de loi ne prévoit aucune sanction mais si un salarié attaque son employeur pour burn-out et que l’entreprise n’a pas établi une politique de prévention visant à réguler l’usage des outils numériques, elle sera en très mauvaise posture face au tribunal

 

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