Bore-out, l’épuisement par l’ennui

Bore-out, l’épuisement par l’ennui

Eclairage à partir de l’article paru sur le site MyRHline.com le 04 juin 2015, intitulé “Du burn-out au bore-out”, écrit par Judith Tripard, consultante senior au sein du cabinet de recrutement Clémentine.

Alors que le burn-out demeure en pourparler pour être reconnu, le bore-out, épuisement professionnel par l’ennui connaîtra-t-il le même engouement ? Leur point commun tient en ce qu’il se matérialise par une réelle souffrance au travail.

La mise à l’écart du collectif 

Le bore-out supplante l’expression “mise au placard” déjà parodiée en 2001 par Francis Weber dans la comédie “le placard”. Ce film soulignait alors la mise à l’écart volontaire de l’employeur envers un salarié en incitant le reste de l’effectif à lui soustraire leur soutien moral.

En 2015, l’isolement peut se manifester aussi par une fonction sous-qualifiée. Les managers, qui ont « un rôle à jouer en étant à l’écoute des signaux faibles : perte d’intérêt, manque d’enthousiasme, apathie, recours excessif aux pauses, sensibilité émotionnelles », sont bien souvent juges et partis. D’ailleurs, Anne-Françoise Bender, Docteur en Sciences de Gestion, Université Paris Sorbonne & Maître de conférences en Sciences de Gestion, CNAM Paris, affirme que beaucoup de managers souffrent déjà du burn-out. Alors est-il raisonnable de leur demander d’identifier les signaux faibles du bore-out ?

Apprendre pour tromper l’ennui

Au-delà de ces tâches dénuées de sens,  une étude de 2005, interrogeant 10000 salariés américains, révèle qu’un salarié passe en moyenne deux heures par jour sur des tâches sans rapport avec sa fonction.

Lors de la conférence organisée par EUWIN et l’Agence régionale de l’amélioration des conditions de travail (L’ARACT) Haute-Normandie en novembre 2014 “Et si l’innovation était la solution ?”, il apparaît que la motivation au travail est stimulée en partie par la complexité des tâches à réaliser. Les organisations apprenantes comme aux Pays-Bas, l’ont bien compris et s’appuient sur ce modèle pour accompagner le succès de leur entreprise bien souvent marquée par une courbe du chiffre d’affaire pointant vers le haut.

Investir dans l’innovation collective

La mobilité peut s’avérer être une solution efficace mais souvent réservée aux plus chanceux : “Le marché du travail devient de plus en plus difficile, surtout pour les experts. La mobilité peut être risquée, les gens restent et il y a moins d’opportunités en interne.”  explique Anne-Françoise Bender.

Participer à l’aventure collective, aux décisions stratégiques sont sources de motivation. Et elle ajoute que les employeurs ont intérêt à favoriser de nouveaux projets pour mettre les salariés en situation de dynamisme.

Au lieu de provisionner les coûts estimés des arrêts maladie provoqués par les burn-out puis maintenant par ces bore-out, pourquoi ne pas anticiper et investir pour développer l’intelligence collective,  l’innovation, la coopération, la co-construction ?

Le bénévolat de compétences, les validation des acquis par l’expérience constituent également des dispositifs alternatifs pour pallier ce déficit de développement intellectuel.

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