Etre autonome

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Etre autonome

Anne-Françoise Bender, Docteur en Sciences de Gestion, Université Paris Sorbonne & Maître de conférences en Sciences de Gestion, CNAM Paris, nous apporte un éclairage encourageant à travers l’histoire d’une entreprise d’intérim. La qualité de vie au travail y fut peu à peu altérée par le contrôle imposé, en partie « amorti » par l’effort managérial.

(Suite de l’article sur LES 4 « ETRE ET AVOIR » DU MANAGEMENT EFFICACE

 « Dans l’agence d’Intérim », poursuit Anne-Françoise Bender, « les salariés nouvellement recrutés  étaient formés pendant quinze jours à plein temps ». Cet accompagnement aux spécificités & outils de la structure était poursuivi tout au long de leur intégration grâce à la solidarité et au travail d’équipe des collègues.

Puis, le contrôle du travail & les évaluations furent peu à peu cadrés par des systèmes de  plus en plus  contraignants. Au début, ces nouvelles règles étaient acceptées par les recruteurs en raison d’une activité enrichissante. Mais une fois les premières années d’apprentissage passées, l’engagement baissait significativement. La liberté d’action des salariés et l’organisation de leur journée étaient maintenant soumises à l’empilement de ces contraintes, vécues comme un « empêchement » de bien travailler.

Anne-Françoise Bender présente le modèle de Karasek par lequel elle avertit sur la nécessité d’équilibrer la demande psychologique de la situation de travail et la latitude décisionnelle.

KARASEK

Ce graphique compare les situations et leurs effets positifs et négatifs sur le salarié. Il mesure la demande exprimée par la structure (quantité de travail, contraintes de temps, interruptions fréquences, demandes contradictoires) et la latitude laissée au collaborateur qui doit y répondre (possibilité de prendre des décisions, être créatif, moyens pour réaliser son travail).

Anne-Françoise Bender ajoute : « la prescription peut être nécessaire car elle a le bénéfice de donner les bonnes pratiques. En revanche, en excès, elle suscite des contraintes qui enlèvent l’intérêt du travail. »

Dans l’agence d’intérim, à cette perte d’autonomie s’ajoutaient d’autres sources d’insatisfaction. Les augmentations se faisant rares – quand elles ne baissaient pas ! – en raison des rémunérations fortement indexées sur les variables. Les indicateurs hebdomadaires augmentaient du fait de la concurrence des rendements. Cette bureaucratie naissante générait alors chez les plus anciens un fort désengagement et parfois même des départs.

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