Hôpital public et absentéisme: y’a quelqu’un?

L’article « L’absentéisme gangrène fortement l’hôpital public » publié le 20 avril 2016 dans Le Figaro.fr montre que l’absentéisme à l’hôpital public a retrouvé ses niveaux d’avant 2012.

En effet, d’après une enquête du Figaro à partir de la base publique de données Hospi Diag, en France, l’absentéisme à l’hôpital public s’intensifie en 2014. Vingt-deux établissements atteignent ainsi un taux d’absentéisme supérieur à trente jours par agent et par an, la moyenne étant à vingt-trois jours à l’hôpital public et de seize jours dans le secteur privé (tous secteurs confondus).

Et pourtant, l’absentéisme avait cessé de progresser avec la mise en place du jour de carence, où le salarié n’était pas payé le premier jour de son arrêt maladie. Mais avec le retrait de ce dispositif par le gouvernement Ayrault en 2013, l’absentéisme est revenu en force.

Pour autant, faut-il regretter la suppression du jour de carence et sa logique répressive? D’ailleurs, ne peut-on pas penser que ce dispositif simpliste nous amenait en grande partie à du présentéisme, ou autrement dit, le fait d’être présent alors qu’on a des raisons d’être en arrêt maladie  ? Aussi, une baisse de l’absentéisme signifiait-elle un gain de productivité avec cette façon de procéder ? Ne vaut-il pas mieux qu’un salarié soit totalement absent, plutôt qu’il soit dans une situation de présentéisme, une situation où des effets de contagion sur l’ensemble des salariés seraient à envisager et  qui seraient beaucoup plus néfastes pour l’organisation que la simple absence d’un agent ? Enfin, ne peut-on pas considérer la journée de carence comme une mesure seulement efficace sur des populations déjà précaire financièrement et par conséquent injuste?

Et pourtant, pour contrer l’absentéisme de façon efficace et juste, d’autres solutions sont possibles, encore faut-il s’engager dans une réelle démarche de transformation de l’organisation, et non pas en adoptant des mesurettes simplistes aux conséquences néfastes multiples et où la seule baisse d’un chiffre n’indique rien de bon, si ce n’est qu’une aggravation d’autres indicateurs, car une fois de plus : il y a plusieurs façons d’être absent.

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