Les 6 faces cachées du “Social Bashing”

L’obsession de visibilité sur les réseaux sociaux et sur le Digital via les blogs, livres , TED,… amène inévitablement une recherche de différenciation sémantico-marketing qui passe par le réductionnisme de la pensée et de la critique. Faut faire simple et impactant, car plus personne n’a le temps.

Pour être vu, soyons différents ! inventons des néologismes et/où des mots “valises” , l’essentiel est de se “positionner” sur un slogan vendeur, accrocheur et obliger les autres à se différentier où à se positionner sur votre fanion, avec le risque d’apparaître à la remorque , “follower” en quelque sorte.

C’est finalement tout l’itinéraire d’un dé, finir par se poser sur une face, avec l’inconvénient d’en cacher la face opposée.

Passons donc en revue les 6 faces apparentes et cachées du “Social Bashing”, nouveau jeu de massacre préféré  des réseaux sociaux . La stratégie est déclinée de façon perverse : Flatter le “JE” pour tuer le “NOUS”

face “LEADERSHIP” : bien entendu il faut parler franglais, sinon vous êtes un hasbeen total, d’ailleurs il n’y a qu’à voir le nom choisi par les nouvelles structures, que du “checkspire”. Posez vous donc la seule question qui vaille, êtes vous un “leader” ? Si vous en doutez , aucune inquiétude, celui qui vous pose la question a bien entendu la réponse.

face “HAPPY” : Avez vous rencontré le bonheur au travail?, seul passage obligé pour atteindre non pas le “nirvana” , mais la performance. Le processus est très stigmatisant, car il laisse penser que la performance qui n’est que collective, ne peut passer que par l’état “happy” qui lui est un sentiment individuel. Donc si vous n’êtes pas heureux au travail (injonction), vous êtes socialement et collectivement nuisible. Les vendeurs de “happyculture” sont là pour faire des risettes garanties “pur bonheur”

face “ENGAGEMENT” : La plus sérieuse et la moins ambivalente si elle est répond à la symétrie des attentes, pour établir une réciprocité. Se méfier de l’unilatéralisme qui consiste à clamer une injonction d’engagement sans proposer de contrepartie. La encore, l’injonction individuelle est un danger, car rien ne peut se faire de durable et responsable sans le collectif de travail. La qualité du travail et la qualité de vie au travail, me semble être un terrain de jeu collectif pouvant structurer cette attente de confiance mutuelle.

face “PRESENTEISME” : questionnement subtil des organisations, l’absence officielle est trop visible, déclarée, franche, au point d’ailleurs que l’absentéisme comme l’emploi, est déclaré “cause nationale” sur laquelle tout a été essayé, sans succès. Donc si vous n’êtes pas absent, vous êtes présent, certes, mais êtes “leader/heureux et engagé”? Si la réponse n’est pas limpide,  vous êtes peut être en train de couver un présentéisme sournois? Or du présentéisme social existe, celui de la personne en pas si bonne santé et qui vient quand même travailler pour ne pas pénaliser ses collègues. Et la personne socialement fragile, qui trouve dans l’espace collectif un réconfort via le travail en équipe.

face “BAROMETRE” : elle est à elle seule l’essence même du “JE” qui peut se permettre de représenter le “NOUS” . Il suffit de construire un panel représentatif de répondants individuels pour tout savoir sur les autres. Un peu comme si notre voisin était nous même. Aune mesure objective, mais du “flou” individuel et subjectif qui se prend pour un “dur” collectif. Les résultats du sondage à peine publiés que les sondés ont changé 3 fois d’avis. La grande illusion passe une fois de plus par le “JE” du questionnement direct. La personne individuelle est flattée . “JE” suis personnellement interrogée, “JE” suis important, car on me demande “MON” avis à “MOI”.

face “LIBEREE” : la plus bête et la moins convaincante, car pour être libérée encore faut il se sentir prisonnier. Elle revendique l’enchantement à ne pas avoir d’encadrement, ni de service RH et de support. Ses adeptes militants fleurissent dans des TPE/PME témoins à tendance digitale/uber , qui n’ont par structure, pas besoin d’un management pesant, mais d’un PC agile, et encore moins de RRH, vu qu’ils affectionnent les “free lance” , “auto entrepreneurs” et “call centers” délocalisés. Au bridge on nomme cela ” a bid for the birds”, autrement dit “parler pour faire du vent”. Mais là où le “social bashing” est pernicieux, c’est de vouloir faire croire que ce qui est peut être bien pour une TPE/petite PME, est valable pour toutes les organisations de travail. Le grand écart et l’hypnose collective en même temps, qui passe par la libération individuelle obligée.

Albert Einstein disait sur la question de croire où de ne pas croire : “Si Dieu il y à, en tout cas, il ne joue pas aux dés”.

Si notre raison d’être ensemble au travail est de construire une performance durable et socialement responsable, notre quantum individuel est certes nécessaire, mais seul son lien  collectif d’appartenance peut en former un cristal solide, comme du diamant éternel.

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