Responsable diversité, un poste en manque de reconnaissance

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Responsable diversité, un poste en manque de reconnaissance

Article publié sur le site  focusrh.com par Corinne Dillenseger le 19 juin 2017 et qui s’intitule  “Responsable Diversité: un métier en quête de légitimité”

Pour la première fois l’Association Française des Managers de la Diversité (AMFD) révèle une étude qui dresse les principales missions, les spécificités et les enjeux de leur poste qui reste malgré tout en manque de reconnaissance.

Un métier féminin

Cette étude dresse le profil de la personne qui exerce ce métier, il s’agit le plus souvent de femmes à 70% généralement âgées (50% ont plus de 50 ans) et qui sont en général surdiplômées (bac + 5, ingénieur, école de commerce…)

Elles travaillent plutôt dans les grandes entreprises et ont décroché le poste davantage par hasard que par vocation, elles travaillaient dans les fonctions supports ou dans le management opérationnel. Elles ont aussi appris le métier sur le tas du fait qu’il s’agit d’un poste assez récent dans les entreprises.

Un métier de ressources humaines

Le responsable diversité est majoritairement rattaché à la Direction des ressources humaines, et est même à 45% considéré comme “la N-2 du DRH” du fait de la transversalité du poste (en lien avec les relations sociales, l’innovation sociale et le développement des compétences). L’auteur de l’étude déclare même que “ces variations attestent de la singularité et du caractère faiblement stabilisé de la fonction diversité et des incertitudes qui entourent leur positionnement dans l’organigramme”.

Le Responsable Diversité ne fait généralement pas partie du comité de direction.

Le métier du politiquement correct

La fonction diversité est encore mal connue, considérée comme marginal car bien trop éloignée du business.

Certes les contours de ce poste demeurent flous et les résultats de leur politique difficilement mesurables mais les principaux interrogés déclarent ne pas regretter leur choix de carrière. Elles considèrent ce poste comme “intellectuellement passionnant” et “porteur de sens” et apprécient la transversalité de leur métier mais aussi que leur fonction soit peu institutionnalisée (ce qui leur laisse les mains libres pour atteindre leurs objectifs”

Le métier permet notamment de travailler en équipe projet, d’innover tout en faisant preuve de diplomatie et de persévérance.

Il est important de noter que la majorité des personnes interrogés n’ont aucun engagement militant à une cause (lutte contre le racisme, égalité homme/femme..) en intra ou en dehors de l’entreprise.

Une fonction déjà vouée à disparaître ?

Les résultats de l’étude montrent que la fonction diversité n’est pas vouée à être pérenne, faute aux moyens financiers qui demeurent faibles soit parce qu’elle sera englobée par la Qualité de Vie au Travail soit par la Responsabilité Sociale de l’Entreprise. Elle peut aussi dans le meilleur des cas être intégrée à l’ADN de l’entreprise, signe d’un succès de la fonction.

65% des personnes interrogées n’ont pas l’intention de quitter leur poste, persuadée que leur poste va s’élargir géographiquement (responsable diversité Monde, Europe) soit thématiquement en y incluant les risques psychosociaux, la sécurité.

A noter que la moitié des ex-responsables Diversité sont devenus coach/consultant ou ont intégré le monde associatif

L’étude a été réalisée auprès d’une cinquantaine de responsable diversité ayant exercé leur métier depuis le milieu des années 2000

 

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