Risques psycho-sociaux en Europe: Ailleurs on agit, en France, on discute!

A l’occasion de la Semaine européenne pour la sécurité et la santé au travail qui s’est déroulée du 19 au 23 octobre 2015, l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA) revient sur l’enquête ESENER-2 (la deuxième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents) réalisée en 2014.

Pour cette enquête, 49320 entreprises de plus de 5 salariés ont été interrogées. Dans chacune d’elle, les chercheurs ont sollicité les personnes censées être les plus compétentes en ce qui concerne les questions relatives aux conditions de travail. Tous les secteurs d’activités sont représentés et les établissements sondés sont basés dans 36 pays européens.

Dans l’étude publiée le 20 octobre 2015 par l’EU-OSHA, il ressort que les entreprises françaises (représentées par un échantillon de 2 256 entreprises) se déclarent plus souvent sujettes aux risques psychosociaux que leurs homologues européennes, mais paradoxalement, ce n’est pas pour cela qu’elles sont les premières dans l’évaluation de ces risques, bien au contraire.

En effet,  le stress est un mot bien connu pour les entreprises françaises, mais apparemment il ne reste qu’un mot!  Et pourtant, ce stress aux sources multiples a d’importante conséquence : pour l’humaniste, c’est un fléau, pour le capitaliste, c’est une perte!

Mais qu’est-ce qui vous stress à ce point ? Le facteur de risque le plus évoqué par nos entreprises est la confrontation avec les clients, les patients ou encore les élèves. Un problème qui dépasse peut-être la seule responsabilité des entreprises? En tout cas, c’est un facteur de risque majeur, puisque c’est 70% des entreprises françaises qui le mentionnent (contre 58% en moyenne en Europe).

De même, les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont évoqués par 70% des entreprises françaises contre 56% en moyenne en Europe.

Enfin,  les autres facteurs de risques comme les contraintes horaires, les charges lourdes, l’insécurité de l’emploi… sont cités par la moitié des entreprises interrogées.

Et qu’est ce qu’on fait pour s’occuper du problème ? Peut-être une évaluation des risques pour commencer ? En France, c’est seulement 56% des entreprises qui déclarent réaliser régulièrement des évaluations des facteurs de  risques sur le lieu de travail, contre 77% en moyenne en Europe. Peu importe la moyenne européenne, un pays comme la France ne devrait-il pas tenter de devenir un exemple? Cela ne devrait-il pas devenir une obligation pour les entreprises? Et rappelons le, il ne faut pas attendre d’avoir des caries pour aller chez le dentiste !

Concernant les actions menées par les entreprises, s’il y en a, c’est géré par qui ? En France, pour la moitié des entreprises interrogées,  cela se fait en interne (contre 74, 3% pour les entreprises européennes). En gros, c’est un peu de l’automédication, non ?! Mais est-ce que ça fonctionne ? C’est peut-être important, voire cruciale, d’avoir un autre point de vue ?

Néanmoins, pour les plans d’actions de prévention du stress, la France est dans la moyenne européenne avec 30% de ces entreprises qui déclarent en avoir mis en place. Mais là, j’ai envie de dire, c’est peut-être toute l’Europe qui n’est pas en avance!

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