Témoignage: Clémence, une ancienne décalée!

Témoignage : Clémence, une ancienne décalée !

Les horaires décalés dits aussi atypiques ou antisociaux, sont des horaires qui, en comparaison avec une journée de travail classique (9h – 17h), se trouvent déplacés tôt le matin, l’après-midi ou le soir. Cela comprend aussi le travail du dimanche et le travail de nuit.

C’est à Lyon que réside Clémence, une jeune trentenaire, qui a bien voulu témoigner sur son ancien rythme de travail. Clémence est superviseure sur une plate-forme téléphonique. Il y a un mois, elle travaillait sur une autre plate-forme, mais elle était en horaires décalés. Clémence a bien connu le calvaire des horaires décalés, puisqu’elle a travaillait deux ans avec toutes les configurations possibles et inimaginables : le 7/14, le 14/21, parfois un 14/21 suivi d’un 7/14, des horaires supplémentaires jusqu’à 23h, et puis tout d’un coup, un petit 8h-12h/16h-20h, et puis, une nuit de travail pour dépanner. Pourquoi pas deux? On est plus à ça près! Bref, son emploi du temps était une caricature des horaires décalés. Je ne vous parle même pas des week-end ! Le di…quoi ? Le dimanche ?

Clémence a bien voulu répondre aux questions de l’équipe d’Alloboulotbobo. Voici son témoignage :

Social Advisor : Clémence, pourrais-tu nous qualifier par quelques mots ton ancien emploi du temps ?

Clémence : C’était fatigant, fluctuant, anti-biologique ! 

Social Advisor : Quelles étaient les répercussions sur ta santé avec un tel emploi du temps ?

Clémence: Physiquement…beaucoup de contraintes. Finir à 21h et commencer à 7h le matin, c’était très fatigant. J’avais des migraines, des soucis digestifs, car on ne mange jamais à la même heure. Le corps doit tout le temps s’adapter. Et d’ailleurs, reprendre des horaires fixes, c’était compliqué au début, car le corps devait retrouver un nouvel équilibre….enfin, un équilibre.

Social Advisor : Et psychiquement ?

Clémence: Fatigué, irritable…le cerveau était au ralentit ! On a moins de réactivité ! J’avais des insomnies, et parfois, des phases de dépression, à cause de la fatigue et du manque de relation sociale. Et, puis psychologiquement, c’est dur de travailler le soir, quand on sait, qu’à côté de ça, il y a des gens qui mange en famille, ou le dimanche, quand les gens se promènent, et nous, on travaille. On a l’impression de passer à côté de plein de choses !

Social Advisor : Et quelles étaient tes difficultés pour concilier ta vie privée avec ta vie professionnelle ?

Clémence: Avoir une vie sentimentale et une vie familiale, avec mes horaires, c’était impossible ! Et même prévoir des sorties avec mes collègues, c’était compliqué, car on n’avait jamais les mêmes horaires.

Social Advisor : Peux-tu nous citer un avantage des horaires décalés ?

Clémence: Pour prendre les transports, ou faire des papiers administratifs. Car on échappe aux horaires de pointes.

Social Advisor : As-tu quitté ton ancien employeur à cause de tes horaires?

Clémence : C’est en partie à cause de mes horaires et à cause du management !

Social Advisor : Et si c’était à refaire?

Clémence : Non, je n ‘ai pas de regret ! Mais par contre, aujourd’hui, je refuserai un travail avec des horaires décalés, car on n’a pas de vie sociale. Et si j’avais une famille, encore moins, car on ne voit jamais ses enfants, son mari…

Social Advisor : As-tu des choses à rajouter concernant les horaires décalés ?

Clémence : Avec ce type d’horaire, le management est inhumain. Le regard est trop focalisé sur la productivité et on oublie l’Homme, et l’Homme en devient une machine. On en oublie les besoins biologiques. 

Merci Clémence pour ce témoignage.

Cliquer ici, si vous aussi, comme Clémence, vous voulez témoigner ou si vous voulez réagir à ce témoignage.

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